Carnet de bord de Kanaky

Il l'ont fait, le tour de la NC en auto-stop !

20 octobre 2005

Fernand Pia et la plage de Luengoni

Tout en multipliant les excursions à droite et à gauche, je finis par me poser quelque part... et ça fait du bien de pouvoir complétement vider son sac, savoir qu'on peu faire une lessive et que le linge aura le temps de sécher même s'il pleut. Se poser quelque part où on est sur de pas déranger, de se retrouver en quelque sorte chez soi, être libre de ses allers et venus... ouf !!!
Et on plus c'est pas le site le plus moche que j'ai choisi, le gîte de Noel Pia sur la plage de Luengoni. Au départ c'était juste une halte parmis tant d'autres, puis j'y suis resté une nuit, puis deux... puis j'ai rencontré Fernand Pia (le fils du petit chef de la tribu de Luengoni, c'est à dire Noel... vous suivez ?!). Direct il y a eu bonne entente, un bon feeling, pas de superflu... juste des échanges et du partage (on est sur une terre de partage ici, pas de possession). Je compte pas le nombre de café qu'on a pris ensemble discutant de la culture Kanak, de sa vision des choses, de son recul par rapport à Nouméa et à la vie en tribu, des techniques de pêche (il reste un pêcheur débutant mais il persiste dans cette tâche), des ses observations....
La notion de temps a complétement disparu avec lui car il ne vit que par la nature et au rythme de la nature. Seule chose qui le rattache à notre monde c'est lorsque les touristes (moi en l'occurence) arrivent pour manger le midi, alors il est de corvée. Si les touristes (=les blancs car les Kanaks ne voyagent pas) ont reservés à l'avance alors soit Noel ou lui, voir les deux, partent en bâteau à la pêche pour ramener du poisson. Et la vie va ainsi, on vit au jour le jour selon ce que nous réserve la nature, le temps et les touristes. Comme on le dit souvent par ici 'les blancs ont l'heure, nous les Kanaks on a le temps' ! Dans le même style les Kanaks ont tout à fait conscience de l'importance de vivire en symbiose avec la nautre, il l'observe énormément et on plein de petit secret à te dévoiler, du style 'là où soleil se couche il n'y a pas coquillage', 'lorsqu'on voit la lune en plein jour les poissons ne mordent pas' (de même les soirs de pleine lune car il y a trop de luminosité), 'on emprinte la terre à nos enfants' (ca ne les empêche pas de balancer leurs cannettes de Number One partout parterre)...
Notre rencontre c'est faite lorsque Fernand est passé, avec deux amis à lui, pêcher à l'épervier pour attraper quelques sardines pour la pêche à la carangue (un carnacié) car il y a toujours un banc de sardines à proixilité du gite lorsque la marée est montante. Qui dit sardines, dit fricassée au feu de bois, qui dit fricassée dit bouffe et qui dit bouffe dit Renan. Curieux je passe donc les voir et de fil en aiguille je récotle quelques sardines pour le soir et en plus ils m'invitent à un coup de pêche nocturne autour d'un feu le soir même.
Beaucoup de gens aurait hésité à y aller mais pas moi, et j'ai bien fait car ca à été un moment de voyage fort. Je les retrouvent donc autour du feu et passe bien deux bonnes heures avec eux, on discute de tout et de rien mais ce que j'en garde c'est lorsque je leur est décrit la neige, je ne me connaissait pas autant de talent de conteur! Fallait voir leur visage tout illuminé par mon récit et par le feu de camps, les yeux pétillants tout en me portant une grande attention. Génial ! Eux de leur coté me comte leur quotidien ici. Voila pourquoi je voyage, pour ces moments priviligiés entre deux civilisations complétement opposées. Echange et partage, il n'y a pas de secret c'est la meilleure arme au monde.
Autre moment superbe avec Fernand, un autre coup de pêche à la ligne un soir de pleine lune sur l'un des deux rocks qui dépasse de l'eau de la plage de Luengoni (pour ceux qui connaisse, celui le plus à gauche lorsqu'on est face à la mer). Déjà rien que le spectacle de la plage sous la lumiére de la pleine lune c'était déjà géant mais en plus le charme d'atteindre le rock en marée basse en ayant de l'eau jusqu'au torse rajoute une emotion supplémentaire. Partie de pêche infructueuse aprés deux heures de pêche car soir de pleine lune... donc ca ne mort pas ! Mais comme me la dit Fernand " c'est pas grave ça, la ballade était tout de même belle !" Il n'avait pas tort le bougre, poissons ou pas poissons l'interet n'etait pas là !
Et on remet ça quelque temps plus tard, un jour (quel jour je sais pas, le temps je l'ai plus) il me propose de l'accompagner pour débroussailler autour de la case du petit chef. Pourquoi pas ça fait depuis longtemps que je n'ai plus touché à la terre, mon domaine c'est l'eau depuis un moment. Sous la pluie on débrousaille donc pendant deux heures. Il me raconte en souriant que si les femmes de la tribu nous voyaient elles souriraient car ce n'est pas notre boulot, c'est le boulot des femmes... ou peut etre aussi qu'elles gueuleraient car on fait ça mal, mais en même temps elles ne l'avaient pas encore fait donc... Aprés la tache que j'ai pris comme un honneur, on rentre au gite. Sur le chemin qu'on avait emprunté deux heures auparavant on tombe sur une magnifique fleur tombée d'un arbre. Il me l'a montre et me dit : "Regarde, ce sont les ancêtres qui te remercient d'avoir pris soin de la case, c'est un signe", là je reste bouche bé, je tombe des nus, ca me troue le cul !!! Inoubliable, fantastique.

Je m'arrete la pour la description des moments forts mais il y a eu aussi l'apprentissage pour faire un collier de fleur (j'y reviendrai peut etre plus tard), la visite d'une grotte aquatique en masque et tuba et lampe étanche (à la Nicolas Hulot, qui y est réellement passé et y a laissé un fil d'Ariane). Pour finir, tous les soirs je me suis couché avec le coeur gros comme ça (j'écarte les mains à leur maxi) tellement j'était heureux d'avoir assister à ces moments priviligié avec lui. Une semaine a peu prés passé avec eux (je dit bien eux car comme me l'a expliqué Fernand tout le monde m'avait repérer (même si moi je ne les voyais pas, ils sont timide) et comme il l'a si bien dit 'le fax Kanak marche beaucoup mieux que le téléphone Arabe !'

P.S. les photos se sera pour plus tard

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17 octobre 2005

Une belle rencontre

Le voyage est forcement fait aussi de bonnes rencontres avec qui on passe un peu plus de temps. C'est le cas de Julie (Française) et Wendy (Australienne). On a passé pret de deux semaines ensemble, le lien le plus fort c'étant crée lors d'un premier week-end de folie et de fou-rire (il y a des moments comme ça où on est complétement euphorique et on ne sort que des conneries et on rigole pour un rien). Jamais une rencontre sans d'autres, elle me présenterons à un couple d'amis Néo-Zélandais et à Yvette (une femme Kanak adorable).

- Pique nique à Luengoni :
le premier moment tous ensemble (les anglosaxons et francophones) se passe lors d'un pique nique sur la superbe plage de Luengoni (sur toutes les cartes postales de Lifou). Le ton est donné, ca part en live en peu de temps, délire dans tous les sens, un temps magnifique, un jolie pique nique, une partie de volley improvisée, apprentissage de mes premiers mouvements de hip hop (les jeunes le pratiquent beaucoup ici) et je fais découvrir leur premiére tortue  à nos amies anglophones. Un petit tour en pirogue était aussi en question, malheureusement ça ne s'est pas concrétisé.

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- Le bougna de la baie de Jinek :
le lendemain le rdv est pris pour de nouveau un pique nique mais à la façon Kanak c'est à dire avec un Bougna. Quoi que c'est que ça un bougna ? C'est LE plat calédonien, je connais pas exactement la recette mais il y a soit de la roussette (grosse chauve-souris), du poisson ou du poulet accompagné d'igname, de patate douce, de tomate, de papaye, des herbes... tout ce qui pousse dans les champs en résumé. Le tout est 'enrubané', 'empaqueté' dans des feuilles de bananier et ensuite mis dans un four traditionnel Kanak (cuit à l'étouffée sous des pierres chauffées au feu de bois). Le bougna peu aussi se faire à la marmite mais bon c'est moins classe ! Déjà l'occasion de manger un bougna c'est plutôt sympas mais ce qui a fait tout le charme de la journée pour moi c'est la coutume qu'a fait Wendy au mari d'Yvette (notre cuisiniére du jour) et la présentation appliquée, la petite pointe fleurie qu'y a ajouté Yvette.

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Sur la route pour se rendre dans le nord de l'île, prés d'Easo, dans la baie de Jinek c'est fou rire sur fou rire, connerie sur connerie... et le tout tanto en anglais, tanto en français (au moins ça m'a bien remit à mon anglais, merci l'Angleterre, merci Céline). Petite pause de nouveau à Jokin pour de nouveau se laisser tenter a prendre des photos, c'est tellement beau !
Mangeage du bougna, plongeage en PMT pour digérer, glandage.... journée trop speed ! Trop overbooker on était. Afin de bien clore la journée on se finira sur la plage de Peng à admirer le coucher de soleil.

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On a passé plein de bons moments ensemble tous les trois, pas tous trés interessant à vous raconter, mais juste pour moi pour me souvenir (ça reste mon carnet de bord tout de même !) : le retour à Dozip dans la benne d'un pick up, la soirée chez Olivier et Jane installé autour d'un feu de bois ou affalé sur les nattes, le repas chez Yvette, la nuit dans la case de chez Yvette, les temps de glandouilles, l'aprés midi à la baie de Chateaubriand, Jacques le sculpteur, la premiére soirée d'aurevoir de Wendy...

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                                                                                 Renan

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13 octobre 2005

Traput (suite)

Bon reprenons les choses là où je les avais laissées.

Donc après ma chasse à la langouste il a bien fallu allez se pilloter. Pour ma première nuit depuis déjà un petit moment, je retrouve la joie du moelleux d'un matelas. Je squatte un faré (sorte de préau en bois et feuille de palmier, très répandu dans les contrées du pacifique). Très très bonne nuit et même pas emmerdé par les moustiques car il y avait le tip top de l'anti-moustique qui dure 8 heures (encore mieux que les serpentins qui soit disant durent 6 heures). On n’en parle pas assez de ces choses là, mais c'est des choses du quotidien, donc je me permets d'en parler ! Je m'égare... Le soleil pointe son nez, comme tous les matins pour annoncer le commencement de la journée. Pas de toute évidence ici, je suis le plus souvent réveillé par les oiseaux ou par les coqs qui commencent leurs chants dés 04h30. Eh oui, tout bon Kanak commence sa journée tôt, mais il la finit tout aussi tôt, vers les 21h00.

- la ballade du cap des pins :
le rdv est pris avec Bruno, Julie, Marcel et Monique à 10h00 pour le début de la rando. Pas fier j'y vais en stop, de toute façon c'est mon seul moyen de progression rapide. Je pars une heure à l'avance sachant qu'il faut que 10 min pour s'y rendre en voiture. Avec cette marge de temps je devrais pouvoir être à l'heure... mais non ! Car après 08h30, après que tout le monde se soit rendu au taff et déposé les gosses à l'école, les routes deviennent soudainement beaucoup plus déserte. C'est ça les îles, plus tu te retrouves vers une pointe moins t'as de chance de croiser une voiture (surtout dans le sud, moins touristique que le nord car il n'y a pas de centre de plongée). Heureusement que Bruno passe me récupérer avec son camion.
Superbe promenade, ça débute par une jolie vue sur la baie de Joj (encore et tjrs eau bleue turquoise).

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Puis on grimpe en haut d'une antenne (de radio, TV ou je ne sais quoi) donnant sur le pacifique avec une cote escarpée de roche noire, ensuite en remontant un peu vers les terres un tapis de verdure style herbe/mousse, puis sur une végétation un peu plus haute dans les vert/gris et se finissant par des pins colonnaires. Pour un début c'est déjà pas mal ! On mitraille à fond dés que se retrouve sur le bord de cote car les vagues viennent se fracasser contre la roche qui laisse se former des trous d'eau. Wahou, la nature fait des belles choses doudi didonc.

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Et ce n'est que un début puisqu'on continue notre route ensuite dans la foret de cocotier, accompagné tout au long de notre périple par des piéges à crabe de cocotier et les vestiges de coco. Alors que sur notre gauche, une falaise de 20m de haut nous suit laissant découvrir des grottes et des parois somptueuses.

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Après plus de 1h de marche supplémentaire (j'ai pas eu trop la notion du temps pendant cette journée... tout comme depuis un mois d'ailleurs) on arrive sur notre lieux de pique-nique : vue sur l'eau turquoise, avec une passe a 100m de nous (bon pour le masque et tuba), petite crique minuscule (juste assez pour qu'il y ai un peu de sable) et le cocotier bien placé pour faire la sieste (pas trop haut le cocotier sinon c'est trop risqué de faire la sieste en dessous si une coco nous tombe dessus... ou le risque vient aussi des feuilles). Idéal et idélique comme coin. Petit tour en masque et tuba pouèr la digestion, on confirme ca qu'on a pu déjà voir par chance avant : napoléon, grosse loche et requin (pour la premiére fois c'est moi qui le pourchasse, il se refugie dans sa cachette et j'ai une photo argentique de lui grâce à mon appareil aquatique Décathlon à 13 euros).

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  - la fête des femmes :
assez régulièrement il y as des coup de fête sur Lifou, toujours un mariage (ou un décès),une fête religieuse, une fête de telle ou telle chose… ce coup-ci c’est donc une fête protestante qui réunit sur une semaine les femmes des îles. Elles se consacrent forcément à la religion (et aux bavardages) mais font aussi de l’artisanat pour ensuite le revendre en fin de semaine. Il a donc du tressage de feuille de palmier (panier, chapeau…) et de la couture (confection  de tunique, de robe mission…).
Ca serait dommage de manquer ça, on y es avant l’ouverture des stands ce qui nous permet d’être spectateur d’une danse tribale (impressionnant !), puis arrive l’ouverture de l’artisanat. Selon les filles les paniers tressés sont partit en moins de deux, moi je me suis plutôt concentrer sur les tuniques. Résultat des courses, j’en ramène deux (ce qui aura de la conséquence par la suite, vous allez lire ça d’ici peu !).

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Le soir est organisé, par les mêmes femmes, un défilé de mode : ‘les femmes d’hier, les femmes d’aujourd’hui, les femmes de demain’. A voir, c’est complètement en dehors du temps, à mille années lumière des défilés de haute couture, trop tripant ! Rien de bien spécial en soi de point de vue déguisement car elles restent toutes en popiné… c’est juste dans leurs façons d’amener ça et de jouer leur rôle. J’ai encore en tête l’entrée d’une grand mère, large sourire, les yeux pétillants, la grosse patate et qui a fait rire tout le monde quand à son comportement. Fallait être là pour voir !
Le tout c’est terminé sur une danse au centre du terrain de basket (on a pas tous la chance d’avoir des salles de danse !) où toute les femmes (en très large majorité Kanak, on pouvait compter moins de 5 blanches) se sont réunies pour former une foule. Applaudissant bien à l’écart de tout ça, je reste tranquillement adossé à un poteau lorsqu’une Kanak vient à ma rencontre : ‘Qu’est-ce qu’elle me veut celle la ? 300 CFP ?’. Pas du tout : ‘C’est moi qui est cousu cette tunique que tu portes. Viens danser avec moi.’ Difficile de refuser, j’ai bien du m’exécuter dans ce qui m’est des plus pénible. Inoubliable, magique.

- le marché de Wé :
plus typique il n'y a pas, se sont les femmes des tribus qui viennent vendre leurs produits. Vu que l'île n'est pas très grande, le marché non plus... ainsi que les choix des produits. Beaucoup de couleurs car les femmes portent la popiné (ou robe mission). Assise par terre elle papotent entre elles en attendant le client. Les étalages sont fait de palettes, on y trouve de la papaye, de l'igname, des crabes de cocotiers (lorsqu'ils en chope), des chouchoutes, des patates douces... tout ce qu'elles arrivent à faire pousser quoi ! Derrière les étalages il y a la baie de Chateaubriand, la mer bleue turquoise, ce qui ajoute un charme certain au tableau

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- la baie des tortues :
un autre moment remarquable, des tortues en veux tu ? en voilà ! Ca se passe à Mu (c'est là qu'il y a eu une épreuve de la Carte aux Trésor pour les téléphiles), la troisiéme plus grosse tribu de Lifou, c'est à dire qu'elle doit avoir un plus gros magasin que les autres tribus alentours, c'était aussi l'ancien port il y a des années. Enfin bon n'empeche qu'il ya une baie bien sympathique et si tu te pose sur la pointe et bien tu vois défiler les tortues sous tes pieds. "Tiens regardes une là-bas ! Ah puis une autres ici encore plus grosse. Et là regardes une petite verte" tel était notre dialogue sans trop exagérer (j'en raméne un film d'ailleurs).

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                                                                                   Renan

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10 octobre 2005

Et la suite ?

(Pour ceux qui ne l'on pas vu, je viens de rajouter des articles sur le blog, reportez vous à l'article Havannah si vous voulez reprendre de là où vous m'aviez quitté.)

Plein, plein de choses à raconter : la fin de ma semaine (qui ne fait que commencer) avec la ballade du cap des pins, la fête des femmes des îles, mon premier ‘vrai bougna’ et la journée de fou rire qui l’accompagne, la compagnie de Julie et Wendy qui me permet de me remettre à mon anglais, la baie des tortues, ma première ‘vraie rencontre’ avec une tortue (je nage avec elle et elle se trouve à moins de 2 mètres de moi), ma semaine sur la plage paradisiaque (encore une) de Luengoni et ma rencontre fabuleuse avec Fernand le Kanak et les instants partagés ensemble, les coups de chasse sous-marine ou après avoir piqué un poisson tu vois débarquer les requins a l’affût de la moindre goûte de sang, mes voyages en avion pour me rendre pour 5 jours sur Ouvéa, ma première rencontre avec des raies Manta (extraordinaire ! fabuleux ! inoubliable !)…

C’est trop long de tout écrire d’une traite alors je reprendrais mon récit plus tard (peut être dans 2 jours, ou peu être aussi dans 1 mois !).

Prochaine grosse étape de mon voyage, l’arrivée de Tonio. Là ça risque d’être trash, va falloir accrocher sa ceinture, ça va décoiffer, en projet le nord de la grande terre et la mythique île des Pins (là où à eu lieu Kolantha pour le téléphile). T’es attendu de pied ferme Mister frite !!! Viens l’esprit tranquille, je maîtrise rien ici, c’est que du live et du bonheur… dés que tu sors de Nouméa (beurk la ville !).

Gros bisous tout le monde.

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                                                                                                       Renan

p.s. Désolé Yo pour le contrôle technique de ma caisse. Pas encore d’accident avec ?

Le frangin, alors Madagascar ? Tu me racontes dés ton retour.

Pour la famille : Je vous aime

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09 octobre 2005

Arrivée sur Traput

Tournons une page, changeons de lieux, changeons de compagnons de voyage… tout est a recommencer de nouveau, chaque changement est une nouvelle aventure, faut tout recommencer. Ce coût-ci direction le sud de l’île. La providence veut que encore une fois je tombe sur Anne Laure qui me confirme son invitation à passer chez eux à Traput (prononcer Tchapout). Ca tombe bien c’est l'occasion rêvée pour avoir de nouvelles bonnes expériences et de ne pas se retrouver seul. Je m’engage donc a passer chez eux. Je débarque donc avec mes gros sabots sur leur terrasse et là je fais la rencontre de Bruno biensûr et de toute sa petite famille, mais aussi d’un couple d’amis a eux venu leur rendre visite pour une dizaine de jours (Marcel et Monique, enseignant à la retraite) et de Julie (monitrice de ski, en vacance sur l’île car rend visite à son amie Wendy, Australienne).

Voilà j’ai mes nouveaux compagnons pour la semaine qui va suivre, objectif : en voir le maximum en peu de temps tout en sachant prendre le temps. Une grosse visite par jour c’est le bon rythme, plus des petits extra tel qu’un petit tour au marché de Wé, l’artisanat des femmes, une danse tribale…

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Premier extra, et pas des moindres, la pêche à la langoustine. Alors tout d’abord faut savoir que ça se pratique la nuit, dans la mer forcement, en masque et tuba et avec une lampe torche étanche histoire d’y voir quelque chose. Elles sortent la nuit pour manger et reste sur le platier donc il n’y a plus qu’à les cueillir . La main ferme, l’œil vif, et une bonne apnée sont les points fort d’un bon chasseur à la langouste. A mes dépend, étant débutant, j’oublierai d’avoir la main ferme lorsque j’arrive sur ma première langouste, elle est là, elle m’attend, je m’approche, elle ne bouge pas, je constate qu’elle est bien grosse et me pose la question ‘est ce que ça à des pinces cette bestiole ?’, cette hésitation me sera fatale car j’essaye de la saisir du bout des doigts dans le doute…. Ni une, ni deux en un coup de queue elle s’échappe puis s’enfuit. Merde de merde, j’aurai pu mangé comme un prince ce soir. Encore plus surprenant, l’extra dans l’extra, alors que j’y n’y avais même pas penser, je retrouve fasse à moi, dans le faisceau de lumière, un requin (et pas un petit). Mon premier vrai requin, rien à voir avec les minuscules rencontrés sous le corail lors de mes plongées en bouteille. Il est là, à trois mètres de moi et me regarde du coin de l’œil tout en continuant sa course. Il se montre pour bien me signaler qu’il m’a repérer, puis disparaît dans la pénombre. Je ne le vois pas mais je sais très bien qu’il tourne autour de moi à distance raisonnable, à n’importe quel moment il peut débarquer de derrière moi, de sur un coté ou de nouveau devant moi. La nuit, le requin… charmant comme ambiance n’est-ce pas ? Après prés de 2h dans l’eau on revient quasi bredouille, avec une seule petite langouste dans la poubelle montée sur chambre à air, pas assez pour 4 (car on était 4). Dommage ça sera pas se coup-ci que je pourrai goûter la langoustine.

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08 octobre 2005

Niveau 1 (suite)

Pour ma troisième plongée je descend à 20m pour que je confirme les exercices appris quelques jours auparavant : vidage du masque plein d’eau, se passer le détendeur en cas de panne d’air, bien comprendre l’effet des poumons ballaste, bien utiliser son gilet  stabilisateur… Validé et confirmé, après la pause, je fais ma première excursion avec une palanquée. Je découvre donc ma première ballade aquatique ou, a ma surprise, tout se passe doucement. La plongée est loin d’être violente, au contraire moins tu palmes, moins tu consommes d’air donc plus longtemps tu as de l’air pour rester au fond. Etant en apesanteur tout se déroule doucement, ça glisse doucement, faut pas être pressé !

Donc c’est confirmé, je joues maintenant dans la cours des grands et le grand bleu m’ouvre les bras. 5éme et 6émé excursion, que du plaisir. A mon actif, mis a part le diplôme, tortues, requins à pointe blanche, napoléon, corgognes, passage sous une arche…

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Les journées ne sont pas que remplies par la plongée en  bouteille mais aussi par des bons moments a glandouiller et a multiplier des dizaines de petites expériences : jouer au volley avec un Kanak, apprendre a faire riz coco, s’améliorer à la chasse sous-marine, apprendre à préparer un poulpe, passer énormément de temps a cuisiner au feu de bois et surtout apprendre quelques mots en Drehu (dire Djehou), un des 28 dialectes de Nouvelle Calédonie.

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Ainsi se passe mes 3 jours sur Easo. La petite cerise sur le gâteaux, un trésor cacher aux touristes de base car pas marquer sur la carte touristique : la plage de Kiki. Que dire…. Petite crique qu’il faut atteindre après 20min de marche à pied sur un petit chemin, sable blanc, eau turquoise, entourée de falaise, belle végétation, temps ensoleillé… le paradis sur terre, la carte postale de base quoi !

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Seul hic, se retrouver seul dans un tel lieu, personne avec qui partager, ça c’est pénible (un inconvénient de voyager seul).

                                                                            Renan

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04 octobre 2005

Le niveau 1

Objectif principal de ma venue sur Lifou, passer mon niveau 1 de plongée. A ce que j'en ai entendu parler, je risque de plonger dans l'un des plus beau spot au monde. Mis a part la faune aquatique (poissons colorés, tortues, requins, tazards....) il y a aussi une flore marine époustouflante (corail a volonté et entre autre des corgognes pour ceux qui connaissent). En espérant que leur répution ne soit pas usurpée je quitte Wé vers la tribu d'Easo, tout a fait dans le nord.

Le stop est encore une fois le meilleur moyen pour atteindre ma destination. Ici ça marche du tonnerre de dieu, même si au début je me consacre plus à une promenade à pied afin de trouver l'endroit adéquat pour tendre le pouce. Cette intuition me serra bénéfique car par le hasard des choses je croise une connaissance rencontrée sur le GR1 qui m'avait invité à passer chez eux si je venait sur Lifou (c'est en couple d'enseignant (Bruno et Anne Laure), donc des métros, qui vit sur l'île en famille depuis près de deux ans). Leur 'chez eux' n'étant pas sur ma route je décline leur invitation pour le moment en remettant ça à plus tard (l'avenir me donnera fortement raison !).

Quelques 30 kilomètres plus loin me voila arrivé au gîte 'chez Benoît Bolua', à Easo.

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Pas de soucis pour y planter ma tente et en plus il y a déjà des campeurs (chose pas toujours évidente en Nouvelle Calédonie). Il est encore assez tôt dans la journée pour passer à 'Lifou Fun Dive' pour m'inscrire pour ma future formation de plongeur dans des aquariums naturels. Chose que j'ai omis c'est un certificat médical, va falloir passer au dispensaire.

Encore une fois on se sent bien décaler lorsqu’on arrive sur place, rien a voire avec nos centres médicaux. Rien que pour faire mon certificat il me faudra attendre deux heures, en passant d’abord voir un infirmier puis ensuite le médecin. Dans la salle d’attente, qui se situe en pleine air, je fais encore une fois tache (pas facile d’être un blanc dans un monde de noir, on se fait vite remarquer). Tout se passe dans la bonne humeur et le non speed. Un point positif, c’est que les soins sont gratuit dans les îles (colonialisme oblige, les kanak bénéficient des soins gratuit car comme le dit une chanson d’ici ‘c’est le France qui paye’). On peu donc se retrouver au dispensaire pour de simples bobos.

Tout rentre dans l’ordre pour pouvoir commencer mon niveau 1, dés le lendemain le rdv est pris pour faire mes deux premières plongées (au totale il en est programmé 6), les autres étant prévues pour plus tard car le temps ne presse pas de mon cote. Il n’y a plus qu’a profiter de la fin de la journée pour s’entraîner a décalotter des cocos avec le couteau d’abatis (= machette ou coupe-coupe)… et bien sur en manger la pulpe. Une rapide visite des alentours va de soi aussi  (et ça en vaut bien le coup car c’est paradisiaque ici aussi!).

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A ma grande surprise le lendemain j’embarque sur le Zodiac avec les autres plongeurs direction le spot de plongée. Rien que cette balade à travers les eaux turquoise, puis bleu clair et bleu azur me remplis de joie. Mais je suis d’autant plus heureux, lorsque après 20min de bateau, on s’arrête dans un lieu splendide, loin de toutes constructions humaine… et d’humain aussi. Zone encore complètement vierge ou seul des personnes en bateau on accès aux quelques criques et plages alentours. Cote sauvage et eaux turquoise c’est tout de même beaucoup mieux pour apprendre les exercices pratiques que de le faire en piscine comme on peu nous le proposer en France. Rien que pour ça, le billet de bateau pour venir ici est rentabilisé… et en plus on voit beaucoup mieux que dans une piscine et le bleu de l’eau est exactement similaire sauf que celui la est naturel. Faut aussi ajouter les poissons et les deux trois patates de corail autour. Autant vous dire que c’est dur de rester concentré à écouter les recommandations du moniteur alors qu’on est complètement absorbé par le paysage. Qu’est ce que ça peu bien nous foutre de savoir vider son masque sous l’eau et de savoir échanger son détendeur sous l’eau alors qu’un spectacle de premier ordre s’offre à nous !!!!

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Deux séances de 50min de plongée, avec une pause d’une heure entre chacune d’elle sur le Zodiac en compagnie d’un poisson Baliste, et le tour est joué on a les bases suffisantes pour se lancer dans le grand bleu (profondeur maximum autorisée : 24m). Mais les grandes profondeurs seront pour plus tard, d’ici trois jours. Entre temps relaxation ; direction les falaises de Jokin.

                                                                                    Renan

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03 octobre 2005

Le Havannah

EXEPTIONNEL, voilà à quoi se résume mon  dernier mois sur les îles. J’en reviens comblé et fou de bonheur parles différentes expériences vécues là-bas. Ca va pas être facile de résumer tout ça en faisant court… donc courage à vous lecteur !

Tout commence un lundi soir vers les 20h lorsque j’embarque sur le Havannah, cargo reliant la Grande Terre a Maré et Lifou (les îles Loyautés), que ce soit aussi bien pour le ravitaillement des îles que pour le transport de quelques voyageurs désirant payer pas trop cher leur voyage (possibilité de prendre aussi le Béticho (surnomme le Vomitcho) qui est un Bateau a Grande Vitesse ou pour ceux qui on plus de moyen l’avion d’Air Calin).

Déjà le voyage commence bien car je me rend vite compte qu’on est que deux blancs sur le cargo, tout le reste étant des indigènes se rendant pour la plupart à un mariage sur Maré. Forcement, couleur de peaux oblige, on se rencontre assez vite avec l’autre blanc, Vincent, que j’avais en plus déjà croisé sur Nouméa à l’IRD lors d’une petite soirée d’adieu d’une autre connaissance datant du raid de Voh. On se fait vite accepté par d’autres kanaks désireux de tenir une conversation avec nous. L’un deux nous raconte son arrivée sur Paris, il y  a de ça 20 ans, ou il a croise pour la première fois un train et voyant des étincelles  s’échappant d'entre les roues et les rails, il avait pris un extincteur et, par panique, avait arroser toute la voie de peur que ça prenne feux (eh oui on ne vit pas tous a la même époque !).

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C’est pas pour rien qu’on s’est retrouvé qu’à deux blancs sur le bateau, car au lieu d’avoir un voyage de 5h ou tu vomis partout (car tout le monde est malade sur le Béticho dés que la mer est un peu houleuse) on c’est taper un voyage de 18h, passant la nuit à dormir à même le sol entre les différente familles qui avait étaler leur nattes dans les allées, les femmes qui papottent toute la nuit, les hommes qui jouen t au domino, les jeunes qui écoutent de la musique sur le pont (parfois en fumant)….

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Le temps passe donc ainsi, allant dehors puis dedans, discutant avec untel puis untel, tiens on croise un îlot perdu au milieu du Pacifique … Cette virée en bateau me rappel en tout point celle qu'on avait eu avec Dric, au Mexique, pour se rendre en Basse Californie (souvenir, souvenir !).

Seconde bonne surprise, après le fait de voyager avec ‘les vrais gens’ et de prendre le temps, c’est l’escale à 5h du mat à Maré. On a l’autorisation de descendre du bateau pendant 3h. Ni une ni deux on trace vers le marché, plus typique il n’y a pas, petit café dans une case ouverte, promenade le long de la cote entre cocotiers (rien de plus banal ici) et une cote splendide avec forcement une eau limpide. Doucement on se ballade, ne s’éloignant pas trop du port quand, tout à coup, un kanak qui nous accompagnait nous cris de regarder au large car il y a un groupe de 5/6 dauphins qui chasse. Forcement contemplatif et le sourire aux lèvres on déguste ce moment intense. Dommage qu’on est pas le masque et tuba sinon on aurait pas réfléchit à quinze fois avant de plonger dans l’eau.

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Plus que quelques heures avant d’arriver a Wé, ‘capitale’ de Lifou, qui d’ailleurs est une île plus grande que la Martinique. Le soleil tape a son maximum, l’eau est plate, tout se finit paisiblement en admirant le défilé de la cote.

   

Une fois accosté on se séparer ici avec Vincent qui lui continue sa route vers une tribu pour y faire la coutume et y rester une petite semaine. Moi de mon cote je me fais adopter par un kanak qui pour la nuit me propose de squatter à coté de sa case. Célibataire, sa maison en tôle est un vrai foutoire (un peu comme ma tente !) avec des notes écrient sur tous les murs et placards (il se prend un peu pour un intellectuel Kanak !).

Voila une première journée qui se termine sous de bons hospices, avec une dernière plongée à la découverte de deux raies (pas Manta). Pour une première je suis plutôt satisfait.

                                                                                   Renan

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